Collectif de Réflexion contre la Corruption et l’impunité

Une prise de conscience et un effort délibéré sont nécessaires pour combattre l’injustice

Benjamin Toungamani:«Nous voulons déstabiliser le régime de Sassou»

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L’interview qui avait déclenché bien des catastrophes
8 novembre 2009

Le porte-parole de l’association Plate-forme contre la corruption et l’impunité (PCCI), Benjamin Toungamani, qui s’est porté partie civile dans la plainte contre Bongo, Obiang et Sassou pour recel de détournement de fonds publics, s’est confié à ” Mwinda “. Dans ce long entretien, il nous fait part de ses motivations, mais aussi des réactions suscitées par cette plainte auprès des trois chefs d’Etat, furieux d’être à nouveau sous les feux de la rampe, une publicité mal venue par ces temps de crise.

Mwinda – Benjamin Toungamani, il y a eu en 2007, une première plainte en France contre Sassou, Bongo et Obiang. Plainte que le parquet a classée sans suite. Pourquoi une autre plainte aujourd’hui ?

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Benjamin Toungamani – Le motif de ce doublon est d’ordre judiciaire. Voici l’historique de ces plaintes :

- Le 27 mars 2007, Survie, Sherpa et la FCD déposent une première plainte simple.

- Le 19 juin 2007, une enquête préliminaire est ouverte, qui aboutit à un important rapport de police.

- En novembre 2007, la plainte est classée sans suite malgré l’existence de ce rapport.

- Le 9 juillet 2008, une deuxième plainte simple est ouverte, plainte à laquelle se joignent Transparence internationale et trois citoyens congolais et gabonais.

- Le 3 septembre, celle-ci est rejetée presque normalement.

- Le 2 décembre, Transparence International et un citoyen gabonais, profitant d’une nouvelle loi, déposent une plainte avec constitution de partie civile, espérant ainsi l’ouverture d’une information judiciaire.

Mwinda – Ok pour l’aspect purement juridique. Mais vous n’allez pas me dire que ces plaintes contre Sassou n’ont pas de caractère politique ?
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BT – La politique est présente depuis le départ. Pour mieux illustrer mon propos, je vais revenir en arrière, à la conférence nationale souveraine. Deux grandes commissions ont été le leitmotiv de la CNS : la commission des crimes et assassinats et la commission des biens mal acquis, présidées respectivement par Massema et Ndzoumanguelet. C’est par le biais des milliers de crimes de sang commis et des milliards de francs détournés que nous avions réussi à disqualifier la dictature de Sassou.

Mwinda – Qu’est ce que vos plaintes en France ont à voir avec la conférence nationale seize ans après ?

BT – Le problème des biens mal acquis n’a pas été résolu depuis. On se rend compte que la gestion des ressources nationales n’a pas changé. Près de 300 000 barils/jour (avec des pointes à 150 dollars/le baril) et un pays parmi les plus pauvres et les plus miséreux de la planète. Nous pensons donc que cette plainte a des vertus pédagogiques. La preuve, c’est que dès que nous avons touché là où ça fait mal, c’est-à-dire à l’argent, la dictature est aux abois.

Mwinda – De ce point de vue, vous considérez avoir atteint votre but ?

BT – Non. Nous n’avons pas vraiment atteint notre but pour une raison très simple. Toutes les forces politiques et citoyennes impliquées dans le changement ne se sont pas approprié cette affaire. Comme avec l’affaire des ” disparus du Beach “, nous cherchons à ce que tout le monde, toutes les populations se saisissent de cette affaire de biens mal acquis. Notre but, c’est de montrer que nous devons nous battre sur l’aspect financier combien sensible et important. Supposez que nous prenions le pouvoir aujourd’hui, les forces progressistes, il est sûr que nous verrions débarquer des milliers de créanciers léonins, fruit d’une dette qui n’est pas la nôtre, avec des justifications internationales issues des paradis fiscaux tant décriés. Des Bolloré et autres fonds vautours. Que ferions-nous alors ? Combien de temps tiendrait ce pouvoir démocratique avec autant de dettes fallacieuses ? Devrions-nous alors dénoncer cette dette comme ont voulu le faire le Mexique ou l’Argentine ? C’est donc en amont qu’il faut s’inquiéter des dettes fallacieuses de M. Sassou. Ce sont ses dettes, pas les nôtres.

Malheureusement, les Congolais se mobilisent peu autour de cette plainte. Sur une population de 3 millions d’habitants que compte notre pays, on pouvait espérer qu’il y en ait plus qui se sentent concernés.

Mwinda – Trois millions ? C’est un peu exagéré non ? Nous avons des compatriotes qui vivent dans des coins reculés qui ne sont pas au courant de cette histoire de biens mal acquis, ou qui ne comprennent tout simplement rien à l’objet de cette plainte contre Sassou.

BT – Oui, c’est une façon de parler. Mais j’en veux plus aux hommes politiques de l’opposition car eux comprennent les enjeux. Certes, il y a beaucoup de contribuables qui se manifestent aujourd’hui, mais c’est un peu tard. La Plate-forme contre la corruption et l’impunité (PCCI), notre association, ne pouvait pas ester en justice parce que nous n’étions pas présents sur la deuxième plainte. Ne pouvaient figurer sur la plainte actuelle réactualisée, que ceux qui figuraient déjà sur la deuxième plainte simple, donc Transparency et les 3 plaignants congolais. Notre plainte, c’est un moyen que nous proposons aux Congolais pour lutter contre Sassou dans les faits. Comme dans l’affaire du Beach, j’aimerais que l’opposition se lève pour soutenir les enfants massacrés. Qu’elle se lève pour soutenir tous ceux qui meurent par milliers à cause des détournements chroniques de Sassou et de son clan.

Mwinda – L’affaire du Beach n’est pas un très bon exemple car l’opposition politique n’a pas vraiment bougé. Pour l’affaire des biens mal acquis, elle ne bouge pas non plus. Pourquoi, à votre avis, ne bouge-t-elle pas pour vous soutenir si votre cause est juste ?

BT – C’est une bonne question. Je crois qu’il y a deux raisons. La première, c’est que même si Sassou est décrié aujourd’hui comme le voleur en chef, il y a beaucoup de gens parmi personnel politique actuel qui ne peuvent lui faire la leçon. Beaucoup ont travaillé avec lui et ont eu le temps de constater in vivo la gabegie. Pourquoi n’avaient-ils pas réagi à l’époque ?

Le changement, c’est aussi changer de mentalité, être plus exigeants avec la gestion de la chose publique. Je me rappelle que du temps de Massamba Debat, les fonctionnaires de retour de mission, reversaient au trésor l’argent non dépensé, à commencer par Debat lui-même, chose impensable aujourd’hui. Prenons par exemple le cas de Mathias Dzon. Beaucoup de gens lui reprochent de n’avoir rien dit ni rien fait sur la gabegie, quand il était ministre des Finances. Aujourd’hui, il se présente à la magistrature suprême, sans une véritable croisade contre les détournements de fonds, sans avoir déclaré sa fortune personnelle. Que devons-nous en penser ? La deuxième raison est que d’autres hésitent à attaquer Sassou sur le front sensible de l’argent. Peur ou inconséquence ? Je n’en sais trop rien.

Mwinda – J’ai du mal à comprendre que vous poursuiviez Sassou en espérant un appui de l’opposition, alors que vous dites vous-mêmes qu’il y a dans cette même opposition des hommes pas clairs avec l’argent. Vous ne trouvez pas que c’est contradictoire ?

BT – Ce n’est pas contradictoire. Nous avons besoin d’une nouvelle classe politique.

Mwinda – Comment comptez-vous vous y prendre alors que tous ceux qui sont là s’accrochent ?

BT – Je pense que nous attaquons le château du mauvais côté. Nous devons être les avocats des populations, des enfants qui meurent faute de soins. Nous devons travailler sur des dossiers avérés comme ceux que dénonce Xavier Harel dans son ouvrage. Ce n’est pas en faisant de la politique politicienne que nous y arriverons. Partout où il est possible, il faut créer des contre-pouvoirs, des actions de résistance civique ; refuser de payer les actes administratifs, les redevances multiples sur l’eau qui pourtant ne coule pas, sur l’électricité qui est fantomatique. Bref, il faut que les citoyens, par tous les moyens, protestent, rendent le pays ingouvernable tant que leurs revendications ne seront pas satisfaites.

Mwinda – Revenons sur la plainte, si vous voulez bien. Il est écrit dans l’article 45 ou 47 de la Constitution que les biens publics sont inaliénables. Pourquoi ne vous êtes-vous pas appuyés sur cet article de notre Constitution pour porter plainte contre Sassou au Congo même, devant les tribunaux congolais ?

BT – (Eclats de rire). Pour deux raisons. La première, ce sont des articles foulés au pied. Sassou ne respecte pas ce texte. Il est par exemple dit que les personnes, notamment les élus, nommés à une haute fonction publique sont tenues de déclarer leur patrimoine lors de leur prise de fonctions. Personne ne l’a jamais fait, à commencer par Sassou lui-même. Il y a pourtant une cour des comptes. Elle devrait être indépendante du pouvoir. Au Congo, elle n’a jamais travaillé ni rendu des rapports. Le prix du pétrole a connu une forte flambée, mais la cour des comptes ne pourra pas vous dire où est passé le pactole de cet or noir. Selon Global Witness, près de 200 milliards de francs disparaissent chaque année sans laisser des traces. Les tribunaux congolais, parlons-en ! Il n’est pas possible d’ester en justice au Congo et d’avoir raison contre le pouvoir ! Il n’y a qu’à voir ce qui s’est passé avec l’affaire du Beach avec ces généraux présents dans le box des accusés entourés de leurs gardes de corps. Personne n’a confiance en cette justice ! Tous les chefs d’entreprise qui ont pris l’argent des marchés publics sans réaliser les travaux ne sont jamais poursuivis. Humberto Brada qui a ruiné des milliers d’épargnants congolais avec la complicité des autorités court toujours, alors qu’il aurait dû être sous les verrous en lieu et place des jeunes de Pointe-Noire…

Mwinda – Il y a un an, sur TV Sud, Thierry Moungalla déclarait, je cite, « il n’y a rien d’anormal qu’un homme d’Etat (Sassou) puisse disposer de deux biens après 40 d’activité. » Selon lui, Sassou « fait preuve en l’occurrence de beaucoup de modestie » avec seulement deux pied-à-terre à Paris. En d’autres termes, vous êtes de mauvais coucheurs car c’est avec ses économies que Sassou a acheté ses logements en France.

BT – Prenons la villa Suzette (du Vésinet). Les experts immobiliers l’estiment à 8 millions d’euros. Combien gagne-t-il pour construire à Oyo, à Mpila et acquérir des biens d’une telle valeur en France ? Et pourquoi cette villa est-elle au nom d’Ambendet ? Où travaillait-il? Qui, quel chef d’Etat, à part Sassou et Lissouba, a acquis des biens immobiliers en France ? Massamba Debat avait juste deux modestes maisons, l’une à Brazzaville et l’autre à Boko. Et Ngouabi, c’était pareil, une maison à Brazzaville et une autre à Owando, tout aussi modestes. Même Yhombi dont Sassou avait dénoncé le goût de luxe n’avait jamais acheté de maison en France.

Mwinda – Admettons. Mais est-ce que vous savez ce que gagne Sassou pour l’accuser de détournement d’argent public ?

BT – C’est ça le problème. Vous savez, vous, ce qu’il gagne ? Et puis, Il n y a pas que Sassou en cause ! Regardez cet apparatchik qui s’est fait voler 900 millions de francs sous son lit à Lékana. Comment s’appelle-t-il déjà ?

Mwinda – Il me semble que c’est Okombi Salissa…

BT – Okombi Salissa. Près d’un milliard de francs sous son lit, vous vous rendez compte ? Mais combien gagne-t-il pour avoir autant d’argent en espèces chez lui, même ministre ? Pierre Oba se serait fait voler 10 000 euros il y a quelques jours à Neuilly, il y a les 250 000 euros de Ngokana à Roissy et j’en passe. Il y a un gaspillage évident. C’est pourquoi le pouvoir a peur d’aller au procès. Le clan de Sassou est malin. Il a réussi une telle embrouille que l’on aura du mal à mettre la main sur toute sa fortune. Mais c’est la piste des compagnies bancaires, d’acquisitions officielles, du recyclage de l’argent sale dans les paradis fiscaux que nous exploitons. Vous savez, les transferts d’argent laissent toujours des traces. Nous savons par exemple à qui appartiennent réellement les trois grandes résidences à Neuilly au nom d’hommes d’affaires français proches du pouvoir. Sassou ne pourra jamais prouver que c’est avec l’argent de son traitement de président qu’il a acquis tous ses biens.

Mwinda – Akouala dit que le gouvernement congolais va porter plainte pour diffamation contre vous et vos parrains.

BT – Nous attendons. Il risque d’avoir la même mauvaise surprise qu’avec la plainte contre Verschave.

Mwinda – Vous avez des échos suscités par vos démarches judiciaires au Congo ?

BT – Oui, bien sûr. Le commun des mortels au Congo est content. Judiciairement, là-bas, ils ne peuvent pas faire grand-chose et ils comptent donc sur nous. C’est le moins que l’on puisse faire pour notre peuple. Au fond, il est de notre devoir, mais aussi notre droit de demander des comptes. Que Sassou nous explique ce qu’il fait de l’argent des contribuables congolais. Il y a un accueil formidable à cette plainte de la part de nos compatriotes congolais et africains. J’en profite pour lancer un appel aux citoyens de se porter partie civile. C’est anonyme, ils ne risquent rien. Ce que nous souhaitons, c’est que cette révolte fasse boule de neige et nous incite à prendre nos affaires en main. Nous n’allons pas rester les bras croisés et regarder les organisations françaises faire le travail à notre place ! Il faut harceler le pouvoir congolais de tous les côtés.
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La diaspora congolaise proteste sans cagoules
8 novembre 2009

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Sensibiliser l’opinion internationale; un des objectifs de la diaspora
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Le pétrole est il toujours une malédiction ? certainement pas si nous observons nos frères d’Amérique latine comme ceux du pays de Chavez
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Protester, manifester, faire partie des contre pouvoirs sont garantis par la constitution issue de la conférence nationale et légitimée par le peuple congolais
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Oser lutter pour changer l’avenir; c’est ce que se disent ses futurs dirigeants des destinées de demain Au Congo
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“Notre argent est ici, rendez nous notre argent” scandait la foule
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Avant sa mort, Bruno Ossebi avait dénoncé les responsabilités de cette banque dans la banqueroute du Congo.
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Appel aux Congolais

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A placarder sur tous les murs partout
Appel aux Congolais
Nous sommes le peuple !
Prenons le pouvoir maintenant !
Nous avons un beau pays. Il va de l’Océan jusqu¹au coeur de l¹Afrique centrale. Il y a de la place pour tous et des ressources infinies. Cette terre, nous l¹avons reçue de nos ancêtres. Nous devons la transmettre à nos enfants. Mais quelques familles, des petits clans, se sont accaparés de notre pays, notre bien à tous. Ils nous ont dressé les uns contre les autres. Ils nous ont exploité. Ils ont fait fuir des milliers d’entre nous.

Il est temps d’y mettre fin. Mais ne prenons pas les armes. Elles ont assez parlé. Le pouvoir n’est plus au bout du fusil. Refusons toute collaboration avec le régime. Déchirons sa constitution. Dénonçons cette fausse ” démocratie “. Manifestons tous les jours dans les rues de Brazzaville, de Pointe-Noire, de Nkayi, de Dolisie, d’Owando jusqu’à Impfondo. Partout. Réclamons justice. Crions notre colère contre celui qui nous a volé notre histoire, qui nous prive du présent et qui tue l’avenir. Des crimes contre l’humanité aux délits économiques, c’est lui l’unique responsable. Ses guerres ne sont pas les nôtres. Ses dettes non plus. Mais son argent, c’est notre argent. Si nous sommes unis, il ne peut rien contre nous. Il n¹aura plus personne à commander. Il finira par descendre de sa tour d¹ivoire. S’il persiste, chassons-le et condamnons-le.

Construisons notre avenir ensemble. Elisons nos représentants dans chaque quartier, chaque village. Faisons-le dans la clandestinité, s¹il le faut, pour éviter l¹oppression. Soyons dignes. Il n¹y a plus de chefs naturels. Devenons tous notre propre chef. Et choisissons, pour une fois, les plus justes d¹entre nous. Evitons les hommes de l¹ancien régime, incapables de faire vivre la démocratie. Respectons nos différences. Débattons. Exigeons une Commission Vérité. Jugeons les coupables des crimes lors de procès équitables. Faisons une vraie réconciliation. Pardonnons enfin. Et réalisons que le Sud et le Nord sont faits pour marcher ensemble. Alors seulement, nous pourrons dire que la paix règne. Alors seulement, nous pouvons organiser des élections vraiment libres.

Nous ne sommes pas seuls. Du Sud au Nord, une population entière est soumise à la même dictature. Des milliers d’entre nous sont en exil. Nous, le peuple du Congo, formons tous une opposition. Plusieurs d’entre nous sommes déjà organisés, aussi bien dans le pays qu’en exil. Nous sommes soutenus par des réseaux africains et européens influents qui s’opposent à la politique de Paris qui protége son ami dictateur. Ouvrons les yeux. Ailleurs en Afrique, des peuples ont déjà chassé leurs oppresseurs. La dictature et la mauvaise gestion ne sont pas une fatalité. En France, en Angleterre, en Scandinavie, aux Etats-Unis, les gouvernements seront obligés de nous soutenir car l’opinion publique internationale l’exige. Les ONG et les Eglises sont déjà de notre côté.
Mais faisons vite. Il faut se révolter contre le tyran avant qu’un autre ne le remplace.

Pour la PCCI

le porte parole

Toungamani Benjamin

Comment les congolais seront-ils definitivement libérés de la corruption et de l’oppression de sassou et son clan?

Enregistré dans : Liens — crci @ 17:42

sassou22vignette.jpgIl est important d`être pleinement convaincu que les méthodes de Sassou sont néfastes et qu il faut les haïr profondément.
Voila des années que Sassou promet aux congolais des conditions meilleurs,mais quels en sont les résultats.
Là ou les élections sont libres,les hommes au pouvoir ne perdent-ils pas souvent leurs fonctions au bout de quelques années seulement,par suite d'un vote défavorable. 
Pour quoi? Parce que la majorité de ceux qu'ils gouvernent ne sont pas satisfaits de leurs réalisations.
Au Congo, Sassou on a encouragé le népotisme et incapable de combler les besoins nécessaires des congolais, ou qu ils vivent.
Sassou et son gouvernement ne sont pas en mesure de satisfaire ces besoins même pas dans l'assurance qu'ils le feront: 

1-La disparition de cette haine tribale.

2-Une nourriture abondante pour tous.

3-Un logement confortable pour chaque famille.

4-Un emploi intéressant pour ceux qui doivent subvenir aux besoins des leurs.

5-Gestion équitable.

6-La justice; l’élimination des préjuges ethniques, régionaux, économiques et politiques.

7-La sécurité; la disparition des menaces que les cobras font peser sur la population et sur leurs biens.

8-Un Congo dans lequel prédomineront l`amour,la bonté,l`intérêt sincère pour le prochain. Les problèmes actuels des Congolais ne peuvent être résolus de façon durable par une seule personne, ethnie et clan.Ils exigent une coopération pleine et entière à l'échelle nationale et internationale.
Or présentement des intérêts égoïstes s'y opposent et nuisent sérieusement a la collaboration entre les diverses organisations d’un même pays.
Sassou doit comprendre que toute civilisation a fini par s'effondrer.
C’est pourquoi il peut gouverner en étant conscient que le tragique est inévitable. 

Resp.CRCI. 

 

le clan sassou et la vente du petrole

Enregistré dans : Non classé, Liens — crci @ 17:21

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Des hauts fonctionnaires impliqués dans le scandale de la vente du pétrole congolais

Un haut fonctionnaire de la République du Congo s’est livré secrètement à des ventes de

pétrole à prix réduit à des sociétés privées dont il est lui-même le propriétaire, souligne une

nouvelle communication de Global Witness. Le scandale qui entoure Denis Gokana,

responsable de la compagnie pétrolière d’État (la Société nationale des pétroles du Congo ou

SNPC), soulève des questions inquiétantes sur la sincérité des promesses du gouvernement

quant à une réforme du secteur pétrolier corrompu et mal géré, alors même que ce pays

africain pauvre réclame à la communauté internationale un allègement de sa dette.

Le document L’énigme du Sphynx : qu’est-il advenu de l’argent du pétrole congolais ? décrit la manière dont, depuis

2002, des sociétés appartenant à Gokana ont acheté du pétrole à la SNPC pour un montant au moins égal à 472

millions de dollars US à des prix considérablement inférieurs au prix du marché, pour ensuite le revendre à profit à

des négociateurs indépendants.

Selon la décision récente d’un tribunal britannique [1], Sphynx UK, Sphynx Bermuda et l’Africa Oil and Gas

Corporation (AOGC) ont été établis par Gokana en 2002 et en 2003 alors que celui-ci occupait le poste de conseiller

spécial du Président congolais, Denis Sassou Nguesso [2]. Ces sociétés ont continué d’acheter du pétrole à la

SNPC jusqu’en 2005, après la promotion de Gokana au poste de responsable de la compagnie, contrairement aux

propres statuts de la SNPC. Denis Christel Sassou Nguesso, le fils du Président congolais, a également supervisé

les transactions en sa qualité de responsable de la branche commerciale de la SNPC.

Global Witness calcule que la perte de revenus potentiels subie par le trésor congolais en raison des ventes

effectuées à Sphynx à des prix inférieurs au prix du marché représente environ 20 millions de dollars US pour

l’exercice 2003. Par ailleurs, sur une seule vente effectuée en 2005, une autre société de Gokana a gagné plus de 3

millions de dollars. Les bénéfices ont été virés dans les comptes de l’AOGC, une société enregistrée en République

du Congo, dont les relevés bancaires n’ont jamais été divulgués. Les tribunaux britanniques ont jugé que ce « voile

corporatif » servait principalement à cacher les actifs aux créanciers du Congo, mais rien ne permet de penser que

ces bénéfices aient été transférés par la suite dans les caisses du trésor congolais.

Il y a quelques mois, l’AOGC s’est également vu octroyer une participation de 10 % dans une concession pétrolière

congolaise, Marine XI, dans le cadre d’un processus d’appel d’offres supervisé par la SNPC et dirigé par Gokana. Il

est prévu que le bloc sera exploité par SOCO International, une société enregistrée au Royaume-Uni, mais le contrat

est contesté par une autre société, Energem, qui a signé un contrat relatif à l’exploitation du bloc avant l’arrivée de

Gokana à son poste à la SNPC.

Le République du Congo illustre clairement combien une mauvaise gestion des revenus pétroliers, en plus

d’empêcher les pays de s’enrichir, peut instaurer un environnement où règnent corruption et instabilité. Bien que les

recettes du pétrole aient rapporté un milliard de dollars en 2004, la République du Congo reste un des pays les plus

pauvres et les plus endettés du monde. Tout le problème repose sur la gestion opaque des revenus pétroliers, qui

représentent plus de 70 % du budget du Congo [3]. Le gouvernement a promis aux bailleurs de fonds d’introduire

des réformes propices à la transparence financière en échange d’un allègement de la dette, et il a publié une grande

quantité de données sur les revenus pétroliers [4].

Cependant, ce dernier scandale révèle que le gouvernement congolais n’a pas mis en oeuvre les recommandations

des auditeurs indépendants selon lesquelles la compagnie pétrolière d’État doit davantage rendre compte de la

gestion de la Société nationale des pétroles du Congo (SNPC). Le gouvernement se doit désormais de mener une

enquête publique sur ce conflit d’intérêts flagrant et lancer un audit indépendant de toutes les opérations

commerciales offshore.

Copyright © Libération Afrique Page 2/3

Les bailleurs de fonds internationaux ne devraient accorder aucun allègement de la dette à la République du Congo

tant que les résultats de cette enquête ne seront pas connus. En tant que plus gros créancier bilatéral du pays et

qu’auteur de la déclaration du G8 « Lutter contre la corruption et améliorer la transparence », la France devrait

montrer la voie à suivre pour promouvoir la transparence afin de veiller à ce que la richesse pétrolière du Congo

profite à toute sa population.

Post-scriptum :

Global Witness enquête sur les liens existant entre l’exploitation des ressources naturelles et le financement du conflit et de la corruption.

L’organisation adopte une démarche non partisane dans tous les pays dans lesquels elle exerce ses activités. Global Witness a été retenu comme

candidat au prix Nobel de la Paix 2003 pour son travail de grande importance sur les « diamants du conflit » et a remporté en mai 2005 le prix de

la Fondation Gleitsman pour son activisme international.

Pour tout renseignement complémentaire, veuillez contacter Sarah Wykes (+44 207 561 6362 ou +44 7971 06 44 33) ou Gavin Hayman (+44 207

562 6361 ou +44 784 305 8756).

[1] Voir le jugement approuvé par le Juge Cooke entre Kensington International et la République du Congo, le 28 novembre 2005, High Court of

Justice, Queens Bench Division, Commercial Court, Royal Court of Justice, Strand, Londres, le 28 novembre 2005. Numéro de dossier FOLIO

2002 NOS 1088, 1281, 1282 et 1357.

[2] Le CV de Denis Gokana peut être consulté sur le site Web de la SNPC à l’adresse www.snpc-group.com.

[3] Pour obtenir des informations de fond sur la République du Congo, consulter le rapport de l’article IV du FMI sur la République du Congo, 10janvier 2005 ;

http://www.imf.org/external/pubs/cat/longres.cfm ?sk=18515.0.

[4] La SNPC, qui a été tenue de présenter différents niveaux d’information financière, publie désormais des informations financières ettransactionnelles à l’adresse

http://www.mefb-cg.org/actualites/page16.htm. Cependant, les informations publiées font apparaître des écarts

préoccupants. Les certifications trimestrielles des revenus pétroliers réalisées par un cabinet d’audit indépendant (KPMG) semblent souligner

qu’en réalité, les revenus pétroliers représentent un montant s’élevant à environ 300 millions de dollars de plus que ce que ne déclare le ministère

des Finances pour l’exercice 2004. En résumé, environ un tiers du pétrole congolais ne serait pas pris en compte dans le budget. Voir Global

Witness « Réformes sur la transparence en République du Congo : quels critères d’évaluation par le FMI ? » et « Bilan des réformes de

transparence dans la République du Congo », 15 août 2005, disponibles sur http://www.globalwitness.org/press_releases/display2.php ?id=303.

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